Conférence sur les Pays Baltes

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10/15/2002 Conférence donnée par Patrick LION sur les Pays Baltes

Conférence à domicile


Cycles lieux rares, cités-phares


Les Pays Baltes,
introduction au voyage

La Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, combien nous semblent encore lointains ces petits pays des confins de la Baltique perdus dans les brumes de l’ex-Urss. Pourtant ils sont là, tout près, entre Pologne et Scandinavie, riches d’une nature préservée et d’un patrimoine architectural de grande valeur. L’Unesco ne s’y est pas trompé qui a classé les trois capitales Tallinn, Riga et Vilnius sur la liste du patrimoine de l’humanité ! Après des siècles de sujétion où leurs territoires furent ballottés d’Allemagne en Danemark ou de Suède en Russie…, ils ont chèrement gagné leur indépendance en 1991. Depuis lors, les pays Baltes s’ouvrent au monde et le monde aux pays Baltes. Et en 2004, ils intégreront l’Europe. Depuis plusieurs années déjà Arts et Vie leur donnent une place non négligeable dans son catalogue. Avis aux amateurs…

PATRICK LION, conférencier, spécialiste du développement touristique dans les Pays baltes, directeur d’une agence de tourisme culturel à vocation internationale et membre fondateur de la Chambre de Commerce franco-lituanienne nous invite ce mois-ci à une promenade didactique à travers l’histoire, les paysages, l’architecture des « trois petits dragons de la Baltique ». Suivons le guide.

Une histoire tumultueuse

Demeurés cinquante ans durant sous le joug soviétique, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie sont jusqu’à récemment restées dans l’ombre, méconnues du reste de l’Europe. Pourtant, leur histoire est une véritable saga. Pendant presque huit siècles, elles ont vécu dans la tourmente des invasions et des guerres, prises en étau entre Scandinavie, Allemagne et Russie.

Première traces

Les premières tribus de la Baltique sont issues de deux grandes familles ethniques, le groupe balte et le groupe finno-ougrien différenciés par leurs langues. C’est vers 4000 avant J.-C. que les ancêtres des Finnois et des Estoniens – d’origine finno-ougrienne – seraient venus du Nord de l’Oural pour se fixer sur les régions actuellement occupées. Les Protobaltes établis vers 2000 av. J.-C seraient, quant à eux, d’origine indo-européenne; l’hypothèse la plus répandue indique que leur berceau se trouverait dans les steppes de l’Europe orientale.


Il faut attendre la fin du premier siècle après J.-C. pour voir mentionner dans les textes l’existence de ces peuples vivant au-delà des territoires germaniques. Ainsi Tacite soulignait-il que ces habitants du rivage de la mer Baltique, qu’il nommait les Aestii et les Fenni, étaient de bons cultivateurs et faisaient commerce d’ambre. Lequel précieux ambre était exporté jusqu’en Grèce et en Egypte.


Christianisation et essor des villes

Installés dans des régions qui, au cours de l’histoire, ont été le point de convergence et de confrontation des expansions allemandes, slaves et scandinaves, peuples baltes et finnois ont du lutter avec acharnement pour défendre leurs terres et leur identité. Cette lutte s’intensifia avec l’introduction de la christianisation.

Au début du XIIe siècle, seuls les peuples de la rive est de la Baltique demeuraient païens en Europe. Les ordres germaniques envoyèrent alors leurs missionnaires sillonner les abords de la rivière Daugava, en Lettonie actuelle, pour faire œuvre d’évangélisation. L’un d’entre eux, le moine Meinhard de Segeberg, fut nommé premier évêque des Lives. En 1202 fut institué l’ordre militaire teutonique des chevaliers Porte-Glaive. En trente ans, grâce au zèle de ces moines-soldats, alliés aux Danois et avec la bénédiction du pape, les terres des tribus du bassin de la Daugava et celles de l’Estonie actuelle se virent conquises et les peuples christianisés.

Riga et Tallinn (« ville danoise » en estonien) furent fondées à cette époque au bord de la Baltique, la première par les Allemands en 1201, la seconde par la Couronne du Danemark en 1219. Comme les autres villes-ports de la Baltique, elles furent rattachées à l’alliance hanséatique et prospérèrent. Elles conservent de nos jours encore les traces de ce riche passé hérité du commerce de la Hanse.


Entre Scandinaves et Allemands

Dès le XIIIe siècle, Lettons, Estoniens et Finnois vécurent sous l’égide de souverains étrangers, Allemands, Suédois et Danois se succédant sur le sol balte. Une nouvelle aristocratie féodale d’origine allemande s’engouffra dans la brèche ouverte par les religieux et s’installa dans la région où elle contrôlait le commerce de la Hanse. Ses descendants seront appelés « les barons baltes ».

Les chevaliers de l’ordre Teutonique, chassés de Terre sainte, s’installèrent à partir de 1230 sur les bords de la Vistule. Leurs tentatives d’extension vers l’est furent jugulées en 1242 par Alexandre Nevski, duc de Novgorod. Quant à celles vers le sud, elles furent repoussées par l’armée lituanienne en 1236, près de Siauliai. Les chevaliers prirent néanmoins possession du territoire situé entre Vistule et Niémen, dont les tribus d’origine furent exterminées ou assimilées entre le XIIIe et XVIe siècle. Les conquérants allemands prirent le nom de « Prussiens », d’une nom d’une ancienne tribu locale, et la région celui de Prusse avec pour capitale Königsberg (la Kaliningrad actuelle).


Le Grand duché de Lituanie

La menace extérieure hâta le processus d’unification des tribus lituaniennes et la création d’un État centralisé par le chef lituanien Mindaugas. Dans un but d’apaisement avec la force teutonique, il embrassa la religion chrétienne puis se fit couronner par le pape en 1252.

Au XIVe siècle, le vaste Grand duché de Lituanie s’étendait de la mer Baltique jusqu’à la mer Noire. C’est alors que Vilnius fut promue au rang de capitale. En 1386, la Lituanie fit alliance avec la Pologne par le mariage du duc Jagellon avec Hedwige d’Anjou, reine de Pologne. Ayant uni leurs forces, les deux pays infligèrent en 1410 une terrible défaite à l’armée teutonne lors de la fameuse bataille de Tannenberg (Grünwald) et arrêtèrent ainsi définitivement l’avancée hégémonique de l’ordre Teutonique.


L’Empire russe entre en scène

Les pays Baltes ressentirent la puissance russe dès le XVIe siècle, assaillis par les coups de boutoir d’Ivan le Terrible. L’Estonie et La Lettonie furent annexées sous le règne de Pierre Le Grand au XVIIIe siècle. En 1569, l’Union de Lublin établissait la fusion de la Lituanie et de la Pologne en une « république » gouvernée par un souverain commun. République qui disparut de la carte de l’Europe après le troisième partage de la Pologne en 1795. La Lituanie fut alors à son tour rattachée à la Russie.

Les trois États baltes, tout comme la Pologne et la Finlande, ne réapparaîtront en tant qu’entités indépendantes sur la côte de la Baltique qu’après la première guerre mondiale. Lituanie, Estonie et Lettonie retombèrent dans les limbes à la suite du partage de l’Europe par le pacte germano-soviétique Ribbentrop-Molotov, dans la tourmente de la seconde guerre mondiale. Seule la Finlande réussit à résister aux appétits soviétiques. La Pologne se maintint en restant dans le camp « socialiste ». Quant à la Prusse orientale, elle fut coupée en deux : le sud revint à la Pologne, le nord, avec la capitale, constitua le butin de guerre de Staline. Aujourd’hui, cette région – celle de Kaliningrad – se trouve, après l’effondrement de l’URSS, enclavée entre les futurs membres de l’Union européenne et de l’OTAN.



Dix ans déjà

À la chute de l’Union soviétique, l’éclatement de l’empire a donné naissance à une nouvelle Europe. L’une à l’Ouest est riche et bien organisée ; l’autre à l’Est, oubliée pendant plus d’un demi-siècle, refait surface mais dans un état quasi similaire à celui d’après la deuxième guerre mondiale.

Créer de nouveaux États, redessiner des frontières, réorganiser une économie, une politique intérieure et extérieure, refonder des sociétés selon un mode occidental, dans un contexte de « nouvel ordre mondial », apprendre la démocratie et arriver à tenir le cap dans un système capitaliste qui génère une paupérisation d’une grande partie de la population : tels sont les défis qu’affrontent ces pays d’Europe de l’Est et du Nord-Est. Cela laisse peu de temps à leurs peuples pour se ressourcer et retrouver une identité, avant d’être absorbés par la « mondialisation ».

Dans cet ensemble de pays en devenir, il faut bien faire la différence entre ceux de l’ancien bloc socialiste, appelés aussi les pays de l’Alliance1, et ceux issus du démantèlement de l’URSS. Parmi ces derniers, seuls les trois pays Baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, ont réussi à s’affranchir de l’emprise russe. Pour eux, le chalenge n’en a été que plus compliqué et plus risqué.


La « révolution chantante »

Depuis le début, le parcours vers l’indépendance des pays Baltes s’est distingué par des manifestations pacifiques dont, en août 19892, la célèbre chaîne humaine reliant Vilnius à Riga et Tallinn : deux millions de Baltes se donnent alors la main pour rappeler au monde leur annexion forcée ? l’URSS. Le vent de liberté qui souffle sur toute l’Europe de l’Est en cette fin de décennie, fin de siècle et fin de millénaire invite à tous les espoirs. Les Baltes se réveillent.

La « révolution chantante », telle qu’on l’a appelée alors, est marquée par une augmentation constante des défis à Moscou. Défis qui vont jusqu’à la déclaration d’indépendance de la Lituanie, en mars 1990, très bientôt suivie de celles de la Lettonie et de l’Estonie.


Vers l’indépendance ?

L’exemple de la chute du mur de Berlin fait vite tâche d’huile. Le pouvoir central ne sait plus comment réagir, la situation est très tendue. Une tentative brutale et mal coordonnée est lancée pour reprendre le contrôle de la Lituanie qui, des trois pays, est le plus âpre à reconquérir son indépendance. L’opération doit servir d’exemple. Une unité spéciale du ministère de l’Intérieur soviétique attaque la tour de la télévision. Des chars foncent sur la foule qui manifeste pacifiquement, formant une chaîne de protection autour du Parlement où est retranché Vytautas Landsbergis, artisan de l’indépendance, et son équipe. C’est la panique, des victimes tombent, tout risque de basculer. La fin d’un rêve, le retour aux répressions, aux déportations, le début d’une grande guerre peut-être. Les cauchemars de l’histoire resurgissent et les Baltes se retrouvent seuls. Aucun État n’est encore prêt à les aider ou même à soutenir leur cause. Personne n’y croit vraiment. Les Nations-Unies ne s’opposeront pas à Moscou. La perte des États baltes mettrait en péril la stabilité de l’URSS et une telle perspective n’est envisageable ni pour les Occidentaux ni pour Moscou. Et puis, l’attention mondiale est ailleurs : la guerre gronde dans le Golfe où les enjeux sont autrement plus importants que la soif de liberté des peuples baltes.


La chute de l’URSS

Alors que personne n’avait même envisagé un tel scénario, Moscou tombe. Le régime soviétique, déjà épuisé, se saborde. L’URSS, dont le système est responsable de la mort de plus de 40 millions de personnes et aura fait trembler la planète pendant plus d’un demi-siècle, est morte. Mikhaïl Gorbatchev transmet le pouvoir de l’URSS à la Russie du maire de Moscou, Boris Eltsine, qui reconnaîtra l’indépendance des États baltes, comme celle de l’Ukraine, de la Biélorussie, de l’Arménie, de la Géorgie, de l’Azerbaïdjan, du Turkménistan et de bien d’autres.

La Russie doit se reconstruire. L’idée de CEI (Communauté des États indépendants) est avancée, manière de reconstituer l’union sous une autre forme mais ce toujours à l’avantage de la Russie. Les États qui y adhèrent n’ont guère le choix : une trop grande dépendance demeure avec la Russie. L’euphorie de la liberté aura vite cédé le pas à la triste réalité. Les caisses sont vides, la situation économique dramatique. Le niveau de vie chute terriblement. La transition profite surtout à une infime part de privilégiés qui ont su tirer profit des changements.

Les Baltes, quant à eux, refusent poliment l’invitation de la Russie à se joindre à la CEI : ils souhaitent reprendre leur destin en main, bien conscients du prix de cette liberté si longtemps espérée.


La difficile école de l’autonomie

Pourtant, dans les pays Baltes, la situation économique est elle aussi désastreuse. La coupure avec Moscou se fait vite ressentir. L’interruption de son approvisionnement en matières premières, notamment en produits pétroliers, provoque de longues périodes de pénurie. Les pays doivent se réorganiser sur les ruines de l’héritage soviétique, dans un contexte politique auquel, contrairement aux pays dits d’Europe de l’Est, les Baltes – longtemps partie intégrante de l’URSS – ne sont pas préparés.
Dès l’indépendance recouvrée, c’est le retour à la démocratie. On révise les anciennes Constitutions d’entre les deux guerres, les premières élections libres depuis 50 ans sont organisées, des gouvernements sont mis en place, des ministères formés, des ambassades progressivement ouvertes dans quelques pays étrangers. L’État doit réapprendre à exister, le peuple à trouver ses repères dans sa nouvelle Nation. Les défis sont énormes et dans tous les secteurs. Les priorités sont identifiées : obtenir la reconnaissance internationale, sécuriser les autonomies encore si fragiles, rassurer les sceptiques et se débarrasser au plus vite de la dépendance vis-à-vis de la Russie, s’ouvrir en grand vers l’Occident tout en gardant un pied à l’Est.
Chaque État prend rapidement conscience de sa situation interne. Les mêmes problèmes se posent à tous, mais chacun doit y répondre seul, selon son propre intérêt. L’indépendance c’est aussi la séparation d’avec les deux pays-frères, situation nouvelle tant à Tallinn, qu’à Riga et Vilnius. Les trois capitales développent des échanges avec leurs voisins les plus proches. Les Scandinaves et les Allemands sont les premiers sur les lieux. Ils créent zones d’influence et rivalités sur ces nouveaux marchés que représentent ces pays en mal de tout. Une société marchande renaît. De petits commerces éclosent pour fournir à la demande. C’est aussi le retour au troc : tout s’échange, tout se vend, tout est possible. Après une si longue période de privations et de frustrations, les peuples cherchent à oublier au plus vite pour s’engager dès que possible vers le futur.


Des sociétés déracinées

Mais cette si nouvelle et si belle liberté a son revers de la médaille : triste réalité, il faut apprendre à vivre dans une société déracinée qui subit de plein fouet l’arrivée d’un capitalisme sauvage où les pièges sont partout. Hélas, peu arrivent à s’en sortir. De nouvelles classes sociales surgissent alors que d’autres disparaissent progressivement. De nombreux jeunes partent tenter leur chance à l’étranger tandis que les anciens, délaissés, déçus, ne voient pas d’autre issue que de se remettre à travailler, faire de petits boulots pour survivre s’ils le peuvent encore. D’autres ont vendu les coupons d’achat de leur petit appartement à des affairistes pour trouver refuge dans les campagnes où la vie est moins chère qu’en ville. Sur leurs modestes lopins de terre, ils produisent leurs propres réserves alimentaires, avec une vache, un cochon et quelques poules. Ils limitent leurs besoins au strict nécessaire. Les enfants et petits-enfants profitent de leur visite dans les campagnes pour ramener des produits frais en ville, où les conditions sont parfois très précaires. Chacun lutte pour s’en sortir.


Transition et réformes

Une période dite de transition est amorcée, des programmes de réformes et de privatisations mis en place. L’inventaire est vite fait : peu ou pas de ressources naturelles autres que le bois, une industrie sinistrée, une administration lourde et peu efficace, des besoins énormes en investissements pour relancer les secteurs économiques… Une aide extérieure s’avère indispensable.

Les États baltes s’orientent vers le modèle européen, l’objectif étant l’intégration à l’Union européenne et à l’Otan après le processus de transition. L’Union européenne est le seul moyen pour eux d’assurer leur développement économique ; quant au rattachement à l’Otan, il répond bien évidemment à un besoin de sécurité extérieure mais aussi, et surtout, il permet d’écarter une peur omniprésente dans l’inconscient collectif balte : le risque d’être reconquis.

Les deux parties du continent européen doivent refaire connaissance et apprendre à vivre ensemble, à mieux se connaître pour réagir plus efficacement devant les nombreuses difficultés engendrées par cette réunification. Il est prévu d’intégrer les nouveaux États, sous l’égide de l’Union européenne, selon un système économique et social déjà bien rodé pour la plupart des pays déjà membres : l’insertion se fera progressivement, par étapes, à partir de 2004. Au moins cinq années, jusqu’en 2009 donc, seront nécessaires pour parachever la normalisation… cela pour les visions les plus optimistes.


Les trois « petits dragons de la Baltique »

Pour les Baltes le démarrage économique a été fulgurant. Certes au prix de grands sacrifices et sans que les effets sur les populations se fassent encore vraiment sentir, mais les résultats sont partout visibles. Les étapes ont été franchies très vite, brûlées parfois. Le chemin parcouru est impressionnant.

On parle de plus en plus de ces trois « petits dragons de la Baltique », symboles de la réussite de la transition. La Lituanie, ce petit pays qui en défiant Moscou est à l’origine de la chute du régime soviétique, est actuellement le moteur du développement dans la région. Sa situation géographique stratégique entre Russie, Biélorussie, Pologne et Lettonie, son poids local, suscitent de plus en plus d’intérêt dans la communauté internationale. Il est vrai que son expérience en matière de diplomatie, acquise tout au long de son histoire, peut servir les intérêts du continent pour une meilleure stabilisation des relations avec la Russie. Autre pays de transit, riche en ports, la Lettonie bénéficie d’une position clef qui lui vaut le surnom de « petit Hong Kong de la Baltique ». Sa capitale Riga est un point de convergence des intérêts économiques de l’Union européenne et de la Russie ; son essor dans le secteur des services est phénoménal, comme d’ailleurs chez ses deux voisines. Quant à l’Estonie, de régime hyper-libéral, elle est baptisée la « Suisse du Nord »…

La société occidentale, déjà bien rodée, riche, libre et stable, a longtemps représenté un rêve pour ces peuples de la Baltique. Aujourd’hui, ils rejoignent, tels de vieux parents pauvres, la maison européenne. Mais le monde évolue, un nouveau millénaire est amorcé. Ici sont les frontières du Nouveau monde.

1. Correspondant aux pays membres du pacte de Varsovie.
2. Date d’anniversaire du fameux pacte Molotov-Ribbentrop qui, en 1939, allait sceller le destin des Baltes pour un demi-siècle.


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